Le commerce ne cesse de croître et se développer à travers le monde, en empruntant divers modes d’acheminement, à travers la voie terrestre, maritime ou aérienne. D’un point de vue écologique, c’est le mode de transport maritime qui semble générer le plus d’émissions de gaz nocifs, car il représente une part importante du transport de marchandises.

Réputé pour son impact négatif sur l’environnement, le transport maritime fait aujourd’hui l’objet de nombreuses initiatives, dans le but d’assurer une transition vers un mode d’acheminement plus éco-responsable. En effet, dans le cadre de la politique RSE des entreprises, il y a une demande de plus en plus importante de moyens de transports propres et respectueux de l’environnement.

Acteur essentiel du commerce mondial, le transport maritime se doit aujourd’hui de se renouveler pour s’inscrire dans la dynamique internationale du développement durable, notamment avec toutes les perspectives négatives en rapport avec le réchauffement climatique.

Décarboner l’industrie du transport maritime, un enjeu mondial

Les navires de transport maritime utilisent pour la plupart un combustible de soute, généralement chargé de particules fines et de gaz nocifs pour l’environnement. L’émission de ce type de combustible près des ports engendre une pollution atmosphérique, ce qui impacte d’une manière importante la santé des habitants de proximité.

Le transport maritime se dirige ainsi vers la réduction des gaz à effets de serre, en interdisant peu à peu les combustibles de soute. Dans ce contexte, de nombreuses entreprises de transport maritime déploient des efforts visant à réduire leur empreinte carbone, en employant diverses méthodes, telles que :

  • L’installation de dispositifs d’épuration sur les bateaux, pour limiter les émissions de soufre,
  • Le changement du fonctionnement des bateaux avec du gaz naturel,
  • La mise en place de voiles sur les bateaux.

Il s’agit de plusieurs transformations qui s’inscrivent dans le cadre de l’accord des membres de l’OMI, entré en vigueur en 2020, et visant à réduire la teneur des carburants en soufre. Les compagnies maritimes qui ont commencé à adopter ces changements, en équipant leurs bateaux de divers dispositifs, effectuent ainsi un pas dans la direction de la diminution de leur empreinte carbone.

La décarbonisation du transport maritime est un objectif à long terme, qui nécessite du temps et des efforts de la part de tous les acteurs intervenant dans ce secteur. Les mesures à mettre en place touchent à de nombreux aspects, et doivent combiner à la fois :

  • Les transformations à court terme, relativement faciles à adopter
  • Les stratégies ambitieuses à long terme,
  • Une politique de recherche et développement impliquant les investissements adéquats.

Les mesures les plus importantes à mettre en œuvre pour gagner le défi environnemental

Une volonté politique est nécessaire pour gagner la bataille environnementale, en plus d’une forte implication de la part des compagnies maritimes et d’une pression sociale. Les grands axes sur lesquels il est urgent de travailler concernent :

  • L’interdiction du combustible de soute,
  • L’obligation de limiter la vitesse des bateaux,
  • Le raccordement électrique des navires à quai.

Le premier point sur lequel se focalise toute l’attention en matière de décarbonisation, concerne l’interdiction à long terme du combustible de soute. Les armateurs, qui jusque-là utilisaient les déchets produits par les sociétés pétrolières, se dirigent aujourd’hui de plus en plus vers des carburants plus propres, dans une démarche à la fois éco responsable et financièrement plus rentable.

Par ailleurs, il est urgent aujourd’hui de mettre en place des limitations de vitesse à imposer aux navires, afin de réduire la quantité de carburant nécessaire au maintien de la vitesse de croisière. Ainsi, les émissions sont d’autant plus réduites que la vitesse est limitée, même si cela peut avoir pour conséquence un certain ralentissement des échanges commerciaux. Cette perte de vitesse peut être compensée par une réduction des temps d’attente sur les quais, et par une gestion plus intelligente des flux de navires, grâce à l’utilisation des nouvelles technologies.

D’un autre côté, il est essentiel de raccorder les navires à quai au réseau électrique, pour éviter l’actionnement des moteurs auxiliaires polluants, lors des opérations portuaires de chargement, de chauffage ou d’éclairage. En obligeant les navires à s’alimenter à partir du réseau électrique, il est possible de réduire d’une manière importante les émissions de gaz nocifs.

De nombreuses autres initiatives innovantes ne cessent de voir le jour, grâce à l’utilisation de technologies à la fois plus propres et plus rentables, comme les systèmes à énergie éolienne pour la propulsion des bateaux.

Le transport maritime au cœur de la transition écologique

Le transport maritime est une composante incontournable du commerce mondial, face à la solution aérienne beaucoup plus coûteuse, et à une solution ferroviaire qui n’est pas assez développée pour couvrir les besoins en termes d’échanges. L’acheminement de marchandises par la voie maritime représente ainsi 4% des émissions totales de CO2, à cause de l’utilisation de combustibles lourds, qui sont moins coûteux, et donc de qualité moindre. Ces fuels diffusent des particules fines et des matières polluantes telles que l’oxyde d’azote ou de soufre, ainsi que le CO2.

Dans ce cadre, les principaux acteurs du transport maritime ont pris l’engagement de réduire de 50% leurs émissions de gaz nocifs, et ce d’ici 2050. Cet objectif ambitieux nécessite d’importants investissements financiers, pour :

  • Réaliser des recherches sur la fabrication et le stockage de nouveaux fuels,
  • Mettre en place d’autres systèmes de propulsion utilisant des bio-carburants, de l’hydrogène ou de l’ammoniaque,
  • Concevoir de nouveaux moteurs et coques de navires.

Selon la nouvelle réglementation de l’OMI, les acteurs du transport maritime sont obligés de réduire la teneur en soufre de leurs fuels, afin de limiter les émissions d’oxyde de soufre par les navires, et d’améliorer la qualité de l’air près des ports. Pour appliquer cette législation, les compagnies maritimes peuvent avoir recours à des fuels à faible teneur en soufre, à des systèmes d’épuration ou à des énergies alternatives. La mise en place de ces mesures engendre irrémédiablement des surcoûts pour les entreprises.

C’est ainsi que de nombreux projets de navires à voile voient le jour, en s’imposant comme des alternatives durables et éco responsables dans le secteur dutransport maritime. La propulsion par voile s’inscrit parfaitement dans la démarche RSE des entreprises, et représente une solution attractive, car elle n’est pas liée aux fluctuations du prix du pétrole.

Le transport maritime au cœur des discussions de la COP26

Durant cette dernière édition de la COP26, la réduction des gaz à effet de serre dans le transport maritime des marchandises, ou fret, était au cœur des débats. De nombreuses études estiment en effet que les émissions annuelles de CO2 des secteurs de transport de marchandises dépassent la production de certains pays européens.

Ainsi, il y a encore beaucoup à faire, et la marge de manœuvre est suffisamment importante pour arriver à l’objectif ultime, qui consiste à décarboner complètement le transport maritime, avec une émission de CO2 égale à zéro. Les ambitions de l’Union Européenne en matière de transport visent en effet :

  • La réduction des émissions de gaz à effet de serre liés au transport de 55% au minimum, d’ici 2030,
  • La neutralité carbone d’ici 2050, ce qui consiste à émettre une quantité de CO2 inférieure ou équivalente à ce que la terre est capable d’absorber,
  • Le respect des accords de Paris, qui stipulent que le réchauffement climatique ne devrait pas dépasser +2° C à la fin de ce siècle.

Ces mesures devraient être mises en œuvre grâce à des propositions de lois qui sont en cours de discussion, dans le cadre du pacte vert européen.

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